La langue des signes avec bébé.

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur, la langue des signes notamment avec les bébés !

Pourquoi ?

Comme vous le savez déjà , la communication verbale n’apparaît qu’à partir de 18 mois jusqu’à 2 ans. Avant cela nos petits bouts n’ont pas les muscles de la bouche et de la mâchoire assez développés pour formuler des mots et que l’on puisse les comprendre.

Par contre, les muscles de leurs bras et de leurs mains eux le sont !!

Pourquoi attendre 2 ans pour pouvoir communiquer avec son enfant ? Alors que l’on peut le faire à partir de 6 mois.

« Une fenêtre s’ouvre sur l’univers de l’enfant, la communication s’améliore, la fréquence et l’intensité des frustrations diminuent d’un côté comme de l’autre. Les relations sont plus paisibles, les échanges et le respect plus profonds, les liens se tissent plus forts. »

Bébé va pouvoir exprimer:

– ses sensations (soif, faim, chaud, froid…)
– ses envies (jouer, lire…)
– ses besoins (manger, boire, dormir, téter…)
– ce qu’il voit et entend (chien, avion, voiture, camion…)

Autres avantages indéniables de la langue des signes pour bébé:

 Accroître l’estime de soi. Un bébé capable de communiquer avec la langue des signes va rapidement se sentir perçu comme un être intelligent et capable de raisonnement. Être capable de s’exprimer va indéniablement renforcer l’estime qu’il a de lui et lui donner la confiance nécessaire pour continuer à communiquer. Sa confiance en lui et en ses parents est très fortement renforcée.

 Supprimer les frustrations. Lorsque l’on supprime les problèmes liés à la communication, on supprime une grande partie des cris, de l’énervement et de l’agressivité. Bébé se fait comprendre, sa demande va donc être accueilli et considérée.

Son origine

Dans les années 80, Joseph Garcia, un spécialiste de la langue des signes américaine a constaté que dans les familles ou au moins un des parents était sourd, les enfants communiquaient bien plus tôt que les autres.

Parallèlement, Linda Acredolo et Susan Goodwyn de l’université de Californie, pionnières incontournables, montraient que les enfants qui ne savent pas encore parler utilisent spontanément et naturellement des gestes pour communiquer. Elles ont développé un ensemble de signes pour bébé et leur premier livre : Baby Signs: How to Talk with Your Baby Before Your Baby Can Talk, sorti en 1996 est un bestseller.

A quel âge commencer ?

Il n’y a pas d’âge pour commencer à signer. Cela peut se faire dès la naissance ou vers 5/6 quand bébé commence à être plus attentif. Mais aucune obligation, si vous découvrez cette méthode alors que votre petit bout a 1 an ou 2 ans même 4 ans vous pouvez toujours la mettre en place, ce ne sera que bénéfique pour toute la famille !

Bébé est capable de Retenir et reproduire les bons signes à partir de 6 mois. Si vous commencez vers 6 mois il commencera à signer « distinctement » vers 10 à 12 mois.

Ce qui compte, ce n’est pas que votre enfant le fasse parfaitement tout de suite mais que vous le compreniez. Et que vous y preniez du plaisir !

Je vous partage la vidéo d’une maman qui signe avec sa petite fille, vous allez voir que les signes ne sont pas exacts, pas parfaitement réalisé, mais que le principal est que sa maman les comprennent ! Cliquez ici pour accéder à la vidéo

En résumé

« Vers 6 mois, bébé commence à être très attentif aux gestes des personnes prenant soin de lui. C’est aussi un âge où sa mémoire commence à se développer. 6 mois semble donc être un bon âge pour commencer à signer en s’exprimant à son enfant. Toutefois il n’y a aucune règle, vous pouvez très bien commencer à signer certains mots beaucoup plus tôt, et si votre bébé a plus de 6 mois, sachez qu’il n’est jamais trop tard pour commencer la langue des signes.« 

Par quoi commencer ?

Il n’y a vraiment pas de « plan à suivre » c’est vraiment comme chacun a envie, comme chacun le sens, en fonction du quotidien de chacun..

Certains parents introduisent de nombreux signes au fur et à mesure qu’ils les apprennent eux-mêmes. D’autres sont plus à l’aise de commencer avec très peu de signes… La manière la plus répandue consiste à introduire 2, 3 ou 4 signes de base comme “lait”, “encore” et “manger” ou “dormir”. Une fois que l’enfant commence à signer en retour et que ces quelques signes sont bien intégrés, les parents en ajoutent d’autres petit à petit.

« Beaucoup de signes ou très peu, tous à la fois ou au compte gouttes, faites comme vous le sentez. Ce qui compte c’est que vous soyez à l’écoute de votre enfant et que vous introduisiez des signes qui correspondent à ses besoins et intérêts de tous les jours. Laissez-le vous guider, il saura vous faire comprendre quels signes il aimerait pouvoir ajouter à son vocabulaire ! »

Idée reçu : la Langue des signes est un frein à la parole.

C’est archi faux et bien au contraire car bébé apprend à communiquer, il voit que cette communication va entraîner une certaine interaction dans ses échanges. La langue des signes va lui donner confiance en ses capacités à s’exprimer et dès qu’il en sera capable il commencera à parler. 

Beaucoup de témoignages de parents aillant pratiquer la LSF avec leurs enfants nous expliquent que la parole et les mots en remplacé tout naturellement les gestes des que l’enfant a été en mesure de savoir parler !

Témoignage d’une maman appliquant la LSF avec son fils :

« Avec Fabien, il nous arrive de signer entre nous pour se faire passer un message lorsque nous ne sommes pas l’un à côté de l’autre ou lorsque nous voulons être discret ! C’est un petit « truc » entre nous qui rapproche et nous sommes heureux d’avoir donné cette ouverture à Arthur.

Maintenant qu’Arthur commence à bien parler, nous ne signons plus tous les mots, et pour le coup, il ne les signe plus puisqu’il les dit. Je pense que naturellement, notre mode de communication évolue en même temps que son rythme de développement.

Nous avons pris beaucoup de plaisir à utiliser la langue des signes, nous l’utilisons encore pour certains mots et nous recommencerons avec chacun de nos enfants. »

Je vous partage également quelques autres articles sur le sujet, écris par des mamans !

http://parents-naturellement.com/signer-avec-son-bebe/

https://shureilya.fr/signer-avec-bebe-pour-communiquer-avant-de-parler

Et chez nous ?

On m’avait déjà parlé de cette méthode depuis les 2 mois d’Andrea, je savais déjà que je voulais le faire mais je ne nous sentais pas encore prêt.. je trouvais qu’on avait déjà assez d’informations avec les sons, les regards, les sourires. C’est notre choix a nous chacun fait comme bon lui semble !

Depuis ce mois ci (les 6 mois d’Andrea) nous avons commencé à introduire les mots : téter, changer, dormir, bras (pour qu’on le porte), manger, avoir mal. Je lui fais aussi câlin et bisou !

Je vous tiendrais bien évidemment informé de l’évolution dans un prochain article ou simple post ! 🙂

Une application mobile :

J’ai trouvé une application qui s’appelle « Bébé signe » cliquez ici assez complète et qui permet de trouver les signes assez rapidement ! C’est clair et nous avons accès à des petites vidéos qui nous montrent comment bien faire les gestes.

L’application est gratuite a télécharger mais il faut payer pour accéder à certains mots :

Bibliographie pour aller plus loin :

Signe avec moi : La langue gestuelle des sourds à la portée de tous les bébés

115 signes du quotidien en crèche, à l’école ou à la maison

es signes avec bebe, 1 dvd de formation inclus

En cherchant sur internet « langue des signes avec bébé » vous trouverez des dizaines d’ouvrages sur le sujet !

Ceci n’est qu’une petite sélection 🙂

Les Violences Éducatives Ordinaires

Ou plus communément appelées VEO, vous en avez sûrement déjà entendu parlé, d’autant plus si vous avez des enfants ou si vous êtes un professionnel de la santé et de la petite enfance.

Je suis, depuis peu, membre de l’association STOP VEO – Enfance sans Violences

J’ai envie de vous parler dans cet article de la liste des VEO, les conséquences de celles ci, d’études de neurosciences qui ont été réalisées sur le sujet.. mais aussi des alternatives possibles

Je vous partage la Vidéo d’une conférence de Catherine Gueguen qui nous explique les émotions de l’enfant et ce qui se passe dans son cerveau et nous parle des découvertes des neurosciences affectives (qui n’existent que depuis 10 à 15 ans)

A voir absolument : https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=3H5f7pakW8Y

Bibliographie pour aller plus loin :

Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau

C’est pour ton bien : Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant

Une nouvelle autorité sans punition ni fessée

Au cœur des émotions de l’enfant

C’est quoi les VEO ?

Donc les violences éducatives ordinaires sont les violences subies par les enfants sous prétexte de leurs « éducations ».

Attention à ne pas confondre les VEO avec la maltraitance des enfants battu ou violer. Qui ne sont en aucunement des violences « ordinaires ». Les VEO en France ne sont (pas encore) punis par la loi, bien au contraire beaucoup pensent encore que ces méthodes sont « bonnes » pour les enfants et leurs éducations.

Dans ces pratiques nous retrouvons :

Les violences physiques :

  • Les fessées, gifles
  • Les tapes sur la main
  • Bousculer / tirer / pousser
  • Tirer les oreilles / cheveux
  • Secouer
  • Mordre / pincer
  • Laisser pleurer seul
  • Forcer à goûter / à manger / à finir son assiette
  • Priver de dessert
  • Empêcher d’aller aux toilettes
  • Empêcher de boire / de manger
  • Prodiguer des soins par derrière sans prévenir (moucher / laver visage)
  • Conditionner l’enfant à la continence
  • Allaitement et/ou repas sans tenir compte de la faim de l’enfant mais en fonction de l’horaire que l’on a décidé et quand ça nous arrange.

Les violences psychologiques :

  • Faire peur / effrayer
  • Crier
  • Réprimander
  • Mettre au coin
  • L’indifférence (sont ignorer l’enfant en détresse émotionnelle quelque soit son comportement. Montrer une indifférence volontaire)
  • Le laxisme
  • Les privations
  • Le chantage
  • Humilier
  • Insulter
  • Se moquer
  • Donner des récompenses
  • Menacer
  • Punir
  • Se placer en autorité toute puissante (adultisme)
  • Avoir des attentes qui ne concordent pas avec les les capacités et développement de l’enfant (pour ceci il faudrait se renseigner un minimum sur le développement physiologique des entants)
  • Forcer un enfant à faire quoi que soit sans raison valable.

Certaines personnes utilisent ces méthodes « a l’ancienne » basée sur la peur, la douleur, la contrainte par mimétisme de l’éducation qu’ils ont reçus étant enfants ou simplement car ils ignorent les effets néfastes que ça a sur ces adultes en devenir et sur notre société, puis surtout ignorent que des méthodes alternatives existent et surtout bien plus efficaces.

« Il n’est pas question de culpabiliser ceux qui ont pratiqué ou qui pratiquent encore la VEO. La plupart du temps, ils agissent par méconnaissance ou par simples répétitions de comportements intégrés dans l’enfance.

Les parents aiment leurs enfants et s’ils en avaient les outils, ils feraient autrement. Pour sortir du déni collectif, il faut commencer par identifier cette VEO. Il faut que nous renoncions à la partie protectrice du déni. Elle ne nous mène nulle part. Elle est délétère pour nous et nos générations futures. »

Extrait de « Le déni et la loyauté familiale, conséquences de la violence éducative ordinaire (VEO) : une arme à double tranchant. » Du Dr. Cornelia Gauthier. 

Les conséquences des VEO sur le développement cérébral :

conférence de Catherine Gueguen de 20min à voir : https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=3H5f7pakW8Y

Les neurosciences affectives existent depuis 15 ans et démontrent les conséquences de l’éducation sur les neurones, molécules cérébrales, circuits cérébraux, structures cérébrales et même les gènes. Selon notre attitude envers l’enfant, son cerveau est modifié en profondeur.

Quand on est durs, rigides, qu’on dit à un enfant qu’il est capricieux, qu’il fait la comédie, qu’il est nul, qu’on lui donne des tapes, gifles ou fessées, l’hippocampe de son cerveau rétrécie. L’enfant ne peut pas mémoriser et a des difficultés à apprendre.

Quand on stresse un enfant, il sécrète beaucoup d’adrénaline et de cortisol qui devient toxique et détruit des neurones dans l’hippocampe et le cortex préfrontal.

Quand on humilie verbalement ou physiquement un enfant, son circuit cérébral est complètement modifié et engendre des troubles du comportement, troubles de la personnalité, troubles dissociatif. L’enfant devient anxieux, déprimé, agressif, et peut développer des addictions à la drogue et l’alcool.

Quand on se plaint qu’il y a trop d’enfants agressifs, qui traînent, pas motivés, ni coopératifs, c’est à cause de cette éducation faites de violences ! Quand on est agressif, l’enfant devient agressif, quand on est empathique, l’enfant devient empathique.

 

A contrario :

Les neurosciences ont démontré qu’un enfant ne peut pas gérer ses émotions parce que son cerveau n’est pas mature. Il faut 25 ans à un cerveau humain pour devenir mature. Les enfants ont des tempêtes émotionnelles bien réelles, ils ne font pas exprès.

Quand on est empathique, bienveillant, soutenant, on permet au cerveau affectif et intellectuel de se développer vers son plein potentiel humain.

Tout petit d’Homme nait avec le potentiel de devenir pleinement humain : avoir de l’empathie, ressentir et gérer ses émotions, savoir faire des choix et s’instruire pour avoir la vie qui lui convient, pouvoir aimer, coopérer, avoir un sens moral et éthique.

Quand on met des mots sur les émotions, que notre ton de voix et notre regard sont soutenant et chaleureux, l’enfant est apaisé, il fabrique des neurones, sécrète de l’ocytocine, de la dopamine. Le volume de l’hippocampe augmente et permet une bonne mémorisation. Les hormones créent bien être et plaisir à vivre qui motive et rend créatif.

Quand on est empathique, bienveillant, soutenant, qu’on offre une relation satisfaisante à l’enfant, son cerveau se développe, il est curieux, enthousiaste, empathique, il aime coopérer, entreprendre, il est créatif et devient un adulte épanouis.

Vers l’éducation bienveillante

Cool parents make happy kids énumère la liste des préjugés sur l’éducation bienveillante Cliquez ici pour lire l’article

Il s’agit d’une éducation basée sur l’empathieIl s’agit d’une éducation basée sur l’empathie e respect de l’enfant, axée sur l’attitude du parent vis-à-vis de l’enfant.

Cette manière d’éduquer s’oppose à toute forme de violence et s’appuie sur des principes simples tels que « préserver l’intégrité de l’enfant et le considérer comme un être humain à part entière, afin qu’il existe tel qu’il est, lui donner le droit de ressentir des émotions et de les exprimer comme bon lui semble« , explique Stephan Valentin, docteur en psychologie et spécialiste de la petite enfance.

Il ajoute que le parent doit « prendre en compte les besoins de l’enfant comme on prend en compte ceux de tous les membres de la famille« .

Nous sommes nombreux à avoir à cœur d’apprendre les outils de l’éducation bienveillante : écoute active (j’accueille les sentiments négatifs de mes enfants), authenticité (messages « je »), médiation coopérative (résolution des problèmes et conflits gagnant-gagnant).

Pour ce faire les groupes de paroles et formations à la parentalité bienveillante sont les solutions idéales. Je crois avoir compris qu’en Suède comme au Canada, les personnes qui ont développé le plus efficacement leurs habilités à l’éducation bienveillante, ont participé pendant des années à un groupe de parentalité en commençant par une fréquence d’une réunion par semaine pendant plus de 2 ans !

Sans être autoritaire ni laxiste !

Loin d’être trop permissive ou à contrario punitive, l’éducation bienveillante n’est en aucun cas une éducation laxiste. Il s’agit simplement d’une manière différente d’accompagner l’enfant dans sa prise de responsabilités.

C’est aussi une méthode dans laquelle le parent doit faire un travail sur lui-même comme « annoncer des règles à l’avance et non à l’instant où il se comporte mal, pour permettre ainsi à l’enfant d’anticiper et de savoir quel comportement est le plus adapté à la situation« , explique Stephan Valentin.

Pour résumer, ce type d’éducation nécessite souvent beaucoup d’efforts émotionnels de la part des parents qui doivent éviter de reproduire des schémas qu’ils ont connus dans leur propre éducation.

« Exprimer des interdits de façon positive, s’entraîner à dire ce qu’on a le droit de faire, plutôt que de souligner sans cesse ce qui est interdit implique aussi sa manière de s’exprimer », conclut-t-il. 

Pour aller plus loin :

La discipline positive: En famille, à l’école, comment éduquer avec fermeté et bienveillance

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

Cool Parents make happy kids: L’expérience inspirante d’une maman qui applique l’éducation positive au quotidien

Guide des parents imparfaits : Education positiv

Quelque part entre la contrainte et la permissivité..

Il y a peu j’ai découvert la « Communication NonViolente » dans un livre intitulé « Élever nos enfants avec bienveillance » de Marshall B. Rosenberg, méthode de communication verbale qu’il a lui même élaboré et déposé. Qu’il enseigne à travers le monde depuis 1960. Cliquez ici pour le découvrir .

Je pense qu’il faut considérer ce livre comme une « mise en bouche » comme une première approche facile de la Communication NonViolente. Il est très simple et rapide à lire. On a vraiment envie d’en savoir plus sur ce mode de communication.. On peut lire des critiques comme quoi il serait « creux » « vide » mais je ne suis pas d’accord. Il a son importance et peut s’adapter à tout type de lecteurs, nous ne sommes tous pas capables d’accrocher à des thèses de 500p. Puis pour 4,95€ c’est quand même très intéressant !

Si vous voulez rentrer directement dans le vif du sujet, préférez plutôt « les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » toujours de Marshall B. Rosenberg

Il nous explique le concept et le processus de la « Communication NonViolente » mais surtout il nous raconte tout un tas d’expériences qu’il a pu vivre au cours de ses 30 années où il a exercé en tant que coach en médiation. Il nous raconte également ses anecdotes personnelles avec ses enfants. Ça été une merveilleuse révélation, une découverte tellement passionnante que je ne peux pas m’empêcher de vous la partager !

En fait c’est exactement ce dont à quoi j’aspirais sans même savoir que ça existait. Je me creusait la tète à savoir comment et pourquoi n’appliquait-on pas tous une méthode similaire..

La CNV c’est quoi ?

A vrai dire, c’est tout simple. C’est une méthode de communication verbale basée sur l’empathie, le respect et la compassion. Son but est d’apprendre à écouter nos valeurs et nos propres besoins fondamentaux pour pouvoir les satisfaire. Et réciproquement pour les besoins et valeurs d’autrui.

Elle a été développée au États Unis en 1960 par Marshall B. Rosenberg docteur en psychologie, il s’est inspiré des travaux de Karl Rogers (1902-1987). Elle est arrivée en France il n’y a pas si longtemps..

C’est un outil dont le but est de transformer les conflits en de simples dialogues et ça dans n’importe quelle situation. Cette méthode s’applique aussi bien dans les centres pénitentiaires, dans les entreprises, au sein d’une famille, n’importe qui peut l’appliquer n’importe où. Elle fonctionne même quand la personne en face de nous ne connaît même pas son existence !

Comment ça marche ?

Je vous partage une image qui m’a beaucoup plu que j’ai trouvé en élargissant mes recherches sur la CNV1 – Observation (O) : décrire la situation en termes d’observation partageable ;

  • 2 – Sentiment et attitudes (S) : exprimer les sentiments et attitudes suscités dans cette situation
  • 3 – Besoin (B) : clarifier le(s) besoin(s) ;
  • 4 – Demande (D) : faire une demande respectant les critères suivants : réalisable, concrète, précise et formulée positivement. Si cela est possible, que l’action soit faisable dans l’instant présent. Le fait que la demande soit accompagnée d’une formulation des besoins la rend négociable.
  • A vrai dire c’est bien plus complexe que ces 4 petits points, mais ça en est la base !

« A partir du moment où les gens parlent de leurs besoins plutôt que des torts des autres, il devient beaucoup plus facile de trouver des moyens de satisfaire tout le monde. « – Marshall Rosenberg

L’appliquer

Marshall Rosenberg nous explique dans un chapitre « les limites des récompenses » :

« Pour nombre de parents, le mode de communication que je propose paraît si étrange qu’ils rétorquent « Ce n’est pas naturel de communiquer de cette façon ! » . – Un jour, j’ai lu un passage de Gandhi qui disait : « Ne confondons pas ce qui est habituel de ce qui est naturel. »

Il nous explique également :

« J’ai appris que les êtres humains sont beaucoup plus naturellement portés à créées des relations fondées sur l’amour, le respect et le partage dans la joie qu’à faire pression sur les autres en recourant à la punition ou à la récompense, à la culpabilisation ou à la honte.

Mais une telle transformation demande une grande prise de conscience et un réel effort »

À ce propos, Michelle Guez, formatrice certifiée, parle d’une fluidité qui s’acquiert avec la pratique. Pour elle, les étapes sont les mêmes que pour l’apprentissage d’une langue : on passe du savoir (compréhension de la méthode) au savoir-faire (après quelque temps de pratique) puis au savoir-être (la méthode s’applique de manière naturelle).

L’entourage

Pour réussir et pouvoir appliquer la Communication NonViolente il faut vraiment être soutenu et compris par notre entourage. Ça prend du temps, ça ne se fait pas et ça ne fonctionne pas du jour au lendemain.

Pour vos proches qui ne s’y intéressent pas ou qui n’ont pas compris le concept et les retombées, nous seront la plus part du temps catalogués comme des parents « laxistes » « non-autoritaires », mais au final ils se rendront compte qu’ils avaient tords et se mordront les doigts de ne pas s’y être intéressés plus tôt !

D’un autre côté, il faut se mettre à la place de son interlocuteur qui lui utilise une méthode traditionnelle pour emmener et tourner la chose de façon à ce qu’il ne se sente pas attaqué.

Par exemple si je dis « moi j’applique la communication NonViolente avec mon fils contrairement à toi avec le tiens » bon ok j’exagère, mais même formulé autrement la personne en face va comprendre qu’elle est violente avec ses enfants. Et quoi de pire pour un parent que d’être justement critiqué dans son rôle de parent !

L’éducation

En réalité je déteste ce terme d »éducation », éduquer, ça veut dire quoi ? Je sais pas pourquoi mais ce me fait penser à « dresser » !

Personnellement je préfère dire plutôt « j’élève mon enfant » que « j’éduque mon enfant » mais BREF !!!

Je trouve que cette méthode de communication NonViolente est en parfaite corrélation avec « l’éducation positive » ou bienveillante comme vous préférez (moi je préfère utiliser bienveillante car quand on dis positive sa laisse croire que l’on insinue que les autres méthodes sont négatives, alors qu’absolument pas !)

Leurs principes et aboutissants correspondent parfaitement. La CNV est un super outils à intégrer dans ce « mode de vie » qu’est la parentalité bienveillante !

Bienveillante..

La parentalité bienveillante aspire à une relation parent enfant égalitaire ou on cherche à identifier, comprend et respecter les besoins de chacun. En fait, c’est le juste milieu entre autoritarisme et laxisme.

Bien que le concept existe depuis de nombreuses années, le boom des neurosciences et les nombreuses recherches scientifiques font qu’aujourd’hui beaucoup de parents choisissent cette pédagogie.

En la pratiquant, ils réalisent que ce sont tous les aspects de leur vie qui se retrouvent impactés en positif par ce choix éducatif.

La CNV parentale en résumé

Selon le modèle traditionnel éducatif, notre manière de nous adresser aux enfants est bien souvent très différente de notre façon de parler aux adultes. Directive, autoritaire, même souvent déshumanisante, cette communication « traditionnelle » n’est bénéfique pour personne. Elle a même dans certains cas des conséquences sur le développement émotionnel et psychologique de l’enfant.

 

La CNV nous apprend comment communiquer pour transmettre notre message (besoin) sans que notre interlocuteur se sente agressé, humilié ou rabaissé.

Ainsi il sera plus ouvert à la discussion et à entendre nos propres besoins.

Apprendre la CNV permet d’établir une communication respectueuse avec les enfants.

Elle prône les valeurs d’empathie, de respect, d’amour, de compassion que l’on a en nous des fois sans même le savoir. Elle procure le bien-être des deux parties.

C’est un outil très puissant qui permet vraiment d’apaiser et enrichir les relations grâce à l’élan du cœur !

Ma réflexion personnelle

Je me demande pourquoi dans notre société il est mieux vu de cacher ses sentiments et ne surtout pas laisser paraître ses émotions, de ne pas faire part de nos besoins face à ça. On pense tout de suite qu’en nous ouvrant et en partageant avec les autres nous aurons l’air d’un « faible » d’un « sensible » péjorativement !

Ou alors penser que l’on se plaindrait, que c’est mal et désagréable pour la personne en face. Mais se plaindre à proprement dit je ne pense pas que ce soit similaire, bien au contraire, ce serait exagérer en formulant tout ce que nous vivons négativement ou de faire de tout petits problèmes la fin du monde sans arrêt..

Ou bien pour se protéger ? Je suis d’accord qu’il n’est pas bon de s’ouvrir à n’importe qui. Il existe des personnes toxiques et mal intentionnés, mais je pense qu’en s’écoutant attentivement nous sommes entièrement capable d’identifier ce genre de personnes et donc les éviter ou simplement filtrer les informations qu’on leurs donne.

Pourquoi toujours faire semblant de ne rien ressentir, toujours cacher ses émotions, mentir sur nos sentiments ? C’est triste je trouve. En se comportant de la sorte qui nous connaît vraiment à la fin ? Qui voit la personne qui se cache derrière le masque ?

Ça nous est déjà tous arrivé d’être dans une situation difficile, conflictuelle ou de détresse et de trouver quelqu’un qui été là pour nous écouter, nous réconforter. Et je pense que ça nous a tous fait beaucoup de bien d’extérioriser, de poser des mots sur nos sentiments, de partager.. d’être VRAI tout simplement.

Nous essayons de correspondre à des rôles : le bon père, la bonne mère, le bon patron. Mais pouvons-nous être simplement nous-même avec nos forces et nos faiblesses ?

Peut-être que sans ces « préjugés » nous vivrons dans un monde Sans violence qui sait !