Les Violences Éducatives Ordinaires

Pas de commentaire

Ou plus communément appelées VEO, vous en avez sûrement déjà entendu parlé, d’autant plus si vous avez des enfants ou si vous êtes un professionnel de la santé et de la petite enfance.

Je suis, depuis peu, membre de l’association STOP VEO – Enfance sans Violences

J’ai envie de vous parler dans cet article de la liste des VEO, les conséquences de celles ci, d’études de neurosciences qui ont été réalisées sur le sujet.. mais aussi des alternatives possibles

Je vous partage la Vidéo d’une conférence de Catherine Gueguen qui nous explique les émotions de l’enfant et ce qui se passe dans son cerveau et nous parle des découvertes des neurosciences affectives (qui n’existent que depuis 10 à 15 ans)

A voir absolument : https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=3H5f7pakW8Y

Bibliographie pour aller plus loin :

Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau

C’est pour ton bien : Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant

Une nouvelle autorité sans punition ni fessée

Au cœur des émotions de l’enfant

C’est quoi les VEO ?

Donc les violences éducatives ordinaires sont les violences subies par les enfants sous prétexte de leurs « éducations ».

Attention à ne pas confondre les VEO avec la maltraitance des enfants battu ou violer. Qui ne sont en aucunement des violences « ordinaires ». Les VEO en France ne sont (pas encore) punis par la loi, bien au contraire beaucoup pensent encore que ces méthodes sont « bonnes » pour les enfants et leurs éducations.

Dans ces pratiques nous retrouvons :

Les violences physiques :

  • Les fessées, gifles
  • Les tapes sur la main
  • Bousculer / tirer / pousser
  • Tirer les oreilles / cheveux
  • Secouer
  • Mordre / pincer
  • Laisser pleurer seul
  • Forcer à goûter / à manger / à finir son assiette
  • Priver de dessert
  • Empêcher d’aller aux toilettes
  • Empêcher de boire / de manger
  • Prodiguer des soins par derrière sans prévenir (moucher / laver visage)
  • Conditionner l’enfant à la continence
  • Allaitement et/ou repas sans tenir compte de la faim de l’enfant mais en fonction de l’horaire que l’on a décidé et quand ça nous arrange.

Les violences psychologiques :

  • Faire peur / effrayer
  • Crier
  • Réprimander
  • Mettre au coin
  • L’indifférence (sont ignorer l’enfant en détresse émotionnelle quelque soit son comportement. Montrer une indifférence volontaire)
  • Le laxisme
  • Les privations
  • Le chantage
  • Humilier
  • Insulter
  • Se moquer
  • Donner des récompenses
  • Menacer
  • Punir
  • Se placer en autorité toute puissante (adultisme)
  • Avoir des attentes qui ne concordent pas avec les les capacités et développement de l’enfant (pour ceci il faudrait se renseigner un minimum sur le développement physiologique des entants)
  • Forcer un enfant à faire quoi que soit sans raison valable.

Certaines personnes utilisent ces méthodes « a l’ancienne » basée sur la peur, la douleur, la contrainte par mimétisme de l’éducation qu’ils ont reçus étant enfants ou simplement car ils ignorent les effets néfastes que ça a sur ces adultes en devenir et sur notre société, puis surtout ignorent que des méthodes alternatives existent et surtout bien plus efficaces.

« Il n’est pas question de culpabiliser ceux qui ont pratiqué ou qui pratiquent encore la VEO. La plupart du temps, ils agissent par méconnaissance ou par simples répétitions de comportements intégrés dans l’enfance.

Les parents aiment leurs enfants et s’ils en avaient les outils, ils feraient autrement. Pour sortir du déni collectif, il faut commencer par identifier cette VEO. Il faut que nous renoncions à la partie protectrice du déni. Elle ne nous mène nulle part. Elle est délétère pour nous et nos générations futures. »

Extrait de « Le déni et la loyauté familiale, conséquences de la violence éducative ordinaire (VEO) : une arme à double tranchant. » Du Dr. Cornelia Gauthier. 

Les conséquences des VEO sur le développement cérébral :

conférence de Catherine Gueguen de 20min à voir : https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=3H5f7pakW8Y

Les neurosciences affectives existent depuis 15 ans et démontrent les conséquences de l’éducation sur les neurones, molécules cérébrales, circuits cérébraux, structures cérébrales et même les gènes. Selon notre attitude envers l’enfant, son cerveau est modifié en profondeur.

Quand on est durs, rigides, qu’on dit à un enfant qu’il est capricieux, qu’il fait la comédie, qu’il est nul, qu’on lui donne des tapes, gifles ou fessées, l’hippocampe de son cerveau rétrécie. L’enfant ne peut pas mémoriser et a des difficultés à apprendre.

Quand on stresse un enfant, il sécrète beaucoup d’adrénaline et de cortisol qui devient toxique et détruit des neurones dans l’hippocampe et le cortex préfrontal.

Quand on humilie verbalement ou physiquement un enfant, son circuit cérébral est complètement modifié et engendre des troubles du comportement, troubles de la personnalité, troubles dissociatif. L’enfant devient anxieux, déprimé, agressif, et peut développer des addictions à la drogue et l’alcool.

Quand on se plaint qu’il y a trop d’enfants agressifs, qui traînent, pas motivés, ni coopératifs, c’est à cause de cette éducation faites de violences ! Quand on est agressif, l’enfant devient agressif, quand on est empathique, l’enfant devient empathique.

 

A contrario :

Les neurosciences ont démontré qu’un enfant ne peut pas gérer ses émotions parce que son cerveau n’est pas mature. Il faut 25 ans à un cerveau humain pour devenir mature. Les enfants ont des tempêtes émotionnelles bien réelles, ils ne font pas exprès.

Quand on est empathique, bienveillant, soutenant, on permet au cerveau affectif et intellectuel de se développer vers son plein potentiel humain.

Tout petit d’Homme nait avec le potentiel de devenir pleinement humain : avoir de l’empathie, ressentir et gérer ses émotions, savoir faire des choix et s’instruire pour avoir la vie qui lui convient, pouvoir aimer, coopérer, avoir un sens moral et éthique.

Quand on met des mots sur les émotions, que notre ton de voix et notre regard sont soutenant et chaleureux, l’enfant est apaisé, il fabrique des neurones, sécrète de l’ocytocine, de la dopamine. Le volume de l’hippocampe augmente et permet une bonne mémorisation. Les hormones créent bien être et plaisir à vivre qui motive et rend créatif.

Quand on est empathique, bienveillant, soutenant, qu’on offre une relation satisfaisante à l’enfant, son cerveau se développe, il est curieux, enthousiaste, empathique, il aime coopérer, entreprendre, il est créatif et devient un adulte épanouis.

Vers l’éducation bienveillante

Cool parents make happy kids énumère la liste des préjugés sur l’éducation bienveillante Cliquez ici pour lire l’article

Il s’agit d’une éducation basée sur l’empathieIl s’agit d’une éducation basée sur l’empathie e respect de l’enfant, axée sur l’attitude du parent vis-à-vis de l’enfant.

Cette manière d’éduquer s’oppose à toute forme de violence et s’appuie sur des principes simples tels que « préserver l’intégrité de l’enfant et le considérer comme un être humain à part entière, afin qu’il existe tel qu’il est, lui donner le droit de ressentir des émotions et de les exprimer comme bon lui semble« , explique Stephan Valentin, docteur en psychologie et spécialiste de la petite enfance.

Il ajoute que le parent doit « prendre en compte les besoins de l’enfant comme on prend en compte ceux de tous les membres de la famille« .

Nous sommes nombreux à avoir à cœur d’apprendre les outils de l’éducation bienveillante : écoute active (j’accueille les sentiments négatifs de mes enfants), authenticité (messages « je »), médiation coopérative (résolution des problèmes et conflits gagnant-gagnant).

Pour ce faire les groupes de paroles et formations à la parentalité bienveillante sont les solutions idéales. Je crois avoir compris qu’en Suède comme au Canada, les personnes qui ont développé le plus efficacement leurs habilités à l’éducation bienveillante, ont participé pendant des années à un groupe de parentalité en commençant par une fréquence d’une réunion par semaine pendant plus de 2 ans !

Sans être autoritaire ni laxiste !

Loin d’être trop permissive ou à contrario punitive, l’éducation bienveillante n’est en aucun cas une éducation laxiste. Il s’agit simplement d’une manière différente d’accompagner l’enfant dans sa prise de responsabilités.

C’est aussi une méthode dans laquelle le parent doit faire un travail sur lui-même comme « annoncer des règles à l’avance et non à l’instant où il se comporte mal, pour permettre ainsi à l’enfant d’anticiper et de savoir quel comportement est le plus adapté à la situation« , explique Stephan Valentin.

Pour résumer, ce type d’éducation nécessite souvent beaucoup d’efforts émotionnels de la part des parents qui doivent éviter de reproduire des schémas qu’ils ont connus dans leur propre éducation.

« Exprimer des interdits de façon positive, s’entraîner à dire ce qu’on a le droit de faire, plutôt que de souligner sans cesse ce qui est interdit implique aussi sa manière de s’exprimer », conclut-t-il. 

Pour aller plus loin :

La discipline positive: En famille, à l’école, comment éduquer avec fermeté et bienveillance

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

Cool Parents make happy kids: L’expérience inspirante d’une maman qui applique l’éducation positive au quotidien

Guide des parents imparfaits : Education positiv

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